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La Semaine de Convivència à Arles

LE GENOCIDE TSIGANE RENIÉ

31 Mai 2008, 10:29am

Publié par Association Attention Culture

DEVOIR DE MEMOIRE
LE GENOCIDE TSIGANE RENIÉ
Devant le mémorial du camp d'internement de Saliers,
le sous-préfet d'Arles, Mr Simonnet révise l'Histoire

Lors de la cérémonie commémorative du génocide tsigane au camp d'internement de Saliers (commune d'Arles, Bouches-du-Rhône) du 21 Mai 2008, (à l'initiative de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et de l'Association pour la mémoire de l'Internement et de la déportation des Tsiganes) où l'émotion retenue répondait à la dignité des témoignages, à la justesse et la modération des interventions, la violence du discours du sous-préfet a résonné comme un coup de canon, suscitant la stupeur et l'indignation dans les rangs de l'assistance venue en nombre participer à ce temps de recueillement et de mémoire. Outre le ton déplacé et la virulence d'un discours teinté de colère, le sous-préfet d'Arles a dénié, avec force et insistance, toute responsabilité de l'Etat français dans le génocide des tsiganes, “1942 n'était pas l'Etat français. Il était mort par la lâcheté de certains politiques, par la lâcheté de groupes qui ont laissé le désordre dans ce pays dans les années trente pour le mener à une défaite intolérable. Non, c'était le guvernement de Vichy qui n'était pas le gourvernement de la France !“, s'adonnant à une relecture de l'histoire de l'occupation allemande et du gouvernement de Vichy issue en droite ligne de thèses révisionnistes maintes fois condamnées par les historiens, et reliant insidieusement, dans sa conclusion, l'immigration avec le terrorisme.
Un temps incrédule, l'immense majorité des participants, outrée par de tels propos (déportés, résistants, portes-drapeaux, gitans, responsables de mouvements associatifs, élus et simples citoyens...) s'est écartée afin de manifester sa désapprobation et a tourné le dos le temps de son allocution, souhaitant toutefois rester présente aux côtés du peuple rrom et par respect pour la cérémonie.
Aucune excuse n'effacera l'outrage et l'insulte, insulte à la souffrance des internés, des déportés et de leurs familles, outrage à leur mémoire, à l'histoire. Aucune excuse, ni le limogeage du sous-préfet, ni même sa démission, si ses propos venaient à ne pas être fermement dénoncés.
A ce jour, l'Etat français n'a toujours pas reconnu sa responsabilité dans l'internement des tsiganes (*) au camp de Saliers (700 Rroms et 3 gardians)... et tous les autres !
Il est, il est grand temps.


(*) non plus que le génocide des noirs, des homosexuels, des républicains espagnols, des résistants, des clochards, des forains...

signataires :
association Attention Culture (Arles), A.M.I.D.T.(association pour la mémoire de l'Internement et de la déportation des Tsiganes), Femmes roms sinte kale manouches, la Voix des Roms, Centre A.V.E.R contre le racisme, association rHumeurs (Arles), Samudaripen (Arles), association des Gitans d'Alès,...

UN FILM
Reportage de l'Association rHumeurs qui était sur les lieux pour filmer des séquences en vue d'un documentaire à  venir sur le génocide des tsiganes et le camps de Saliers.
L'équipe s'est trouvée être le témoin privilégié de la cérémonie : à voir absolumment :


HASARD
ou SIGNE AVANT-COUREUR ?

La semaine précédente, dans le Gard, 124 Rroms arrêtés à Perpignan, Nïmes, Alès, Montpellier ont été expulsés via l'aéroport de Garons.


PROTESTATION :
Les membres du réseau R.E.S.F., de très nombreux militants associatifs, d'organisations syndicales et politiques, de simples sitoyens en appellent au Président de la République, au premier Ministre et au Ministre de l'Intérieur
“Nous nous associons aux nombreuses protestations venant d'horizons très différents et voulons exprimer notre stupeur et notre colère face à de telles interprétations et à une instrumentalisation de notre passé. Il est inacceptable que le représentant de la République se fasse le porte-parole de discours qui semblaient une fois pour toutes enterrés et dont seule, une minorité révisionniste, en revendique encore la réalité.
Nous demandons donc que les dépositaires de l'autorité républicaine prennent les mesures qui s'imposent et qu'un tel dérapage ne reste pas impuni.“


TEMOIGNAGE :
Les relents d'une autre époque
“Non loin de moi, il y avait deux dames âgées, pas bien grandes, deux petites mamies. Deux oiseaux sur une branche, blotties l'une contre l'autre, elles se regardaient, incrédules, se poussaient du coude ; je pouvais entendre leurs respirations, lourdes, suffocantes, douloureuses. Elles tentaient de lire dans le regard de l'autre un signe qui aurait dit qu'elles se trompaient, qu'elles avaient mal entendu, mal compris... Non, l'infamie n'est pas morte ! Furtivement, elles ont baissé leurs manches sur le numéro vert et violet tatoué à l'intérier de leurs avant-bras. Mercredi après-midi, le ciel est bas et sombre, les oiseaux eux-mêmes ont cessé de chanter. Derrière le mémorial, cette double rangée de barbelés qui enferme-t-elle vraiment aujourd'hui ? La manade noire qu'on devine à l'abri d'un groupe d'arbres ou ces deux dames éperdues qui marchent têtes baissées le long de cette route nationale sans fin ?
Si lasses, si usées, soudainement si vieilles !“
- Catherine Le Guellaut (écrivain) -


contact presse : 04 90 96 59 93 _ culture@passionnes.com _ romanezesmeralda@yahoo.fr

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